Poser les bonnes questions pour détecter les fraudes
- Jean-François Caron - Certifié CIA et CRMA

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
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Sommaire

À retenir à propos du podcast " Poser les bonnes questions pour détecter les fraudes "
L’exercice concerne aussi bien le contrôle interne (2e niveau) que l’audit interne.
Pour détecter la fraude, tu proposes 4 axes de questions : distinguer l’erreur de la fraude, analyser les opportunités de contournement, vérifier la dissimulation via la traçabilité, identifier à qui profite l’opération.
La fraude est intentionnelle (tromper/dissimuler pour un bénéfice) et va à l’encontre des intérêts de l’organisation.
Pourquoi ces questions sont utiles pour détecter la fraude
En pratique, on rencontre des anomalies, des exceptions, des traitements “hors procédure”. L’enjeu est de savoir si l’on est face à une erreur (non intentionnelle) ou un acte frauduleux (intentionnel), et d’orienter l’investigation de façon structurée.
Les 4 axes de question pour détecter la fraude
1) Erreur ou fraude : comment explique-t-on l’anomalie ?
La question clé est : comment explique-t-on l’anomalie identifiée ?Ensuite, demande : quels éléments probants (internes/externes) confirment l’explication, surtout si on te présente l’anomalie comme une simple erreur.
Exemple de formulation à utiliser :
“Quelle est l’explication ?”
“Quelle preuve la confirme (mail, log, pièce justificative, validation, flux SI) ?”
2) Opportunité : dans quels cas peut-on contourner la procédure ?
Question centrale : dans quels cas est-il possible de contourner les règles habituelles ?Puis, approfondis :
à quelle fréquence ces exceptions se produisent,
et qui valide ces traitements exceptionnels.
Bon angle :
“Qu’est-ce qui déclenche l’exception ?”
“Quelle trace de validation existe ?”
“Qui peut autoriser et qui peut exécuter ?”
3) Dissimulation : peut-on retracer l’opération de bout en bout ?
Tu proposes une exigence très opérationnelle : montrer la trace complète depuis l’initiation de l’opération jusqu’à son dénouement (paiement, comptabilisation, contrôle).
À exiger :
la chaîne complète des étapes
les preuves (workflow, logs, pièces horodatées)
les validations et contrôles associés
4) Qui en bénéficie : à qui profite l’exception ?
Dernier axe : identifier qui bénéficie concrètement des exceptions (temps, budget, avantage financier), y compris via des relations avec des tiers (ex : commissions).
Questions simples :
“Qui gagne quoi (temps / argent / confort / prime) ?”
“Existe-t-il une relation avec un tiers ?”
Synthèse : les 4 questions “pilotes” pour détecter la fraude
Pour résumer, tu proposes 4 questions fondamentales :
Comment explique-t-on l’anomalie (erreur vs fraude) ?
Quels cas d’exception permettent de contourner la procédure ?
Peut-on tracer l’opération de l’initiation au dénouement ?
À qui profite l’opération (financier / temps / budget / tiers) ?
Checklist pour poser les bonnes questions afin de détecter la fraude
J’ai qualifié l’anomalie : erreur ou fraude (intentionnel)
J’ai demandé une explication + preuves internes/externes
J’ai identifié les cas d’exception (contournement) + fréquence + valideur
J’ai reconstitué la traçabilité complète (initiation → paiement → compta → contrôle)
J’ai identifié à qui profite l’opération (temps/budget/argent/tiers)
FAQ
Quelle différence entre une erreur et une fraude ?
La fraude est un acte intentionnel qui vise à tromper/dissimuler pour un bénéfice, contrairement à l’erreur qui n’est pas intentionnelle.
Quelles preuves demander pour confirmer qu’il s’agit d’une erreur ?
Des éléments probants internes/externes qui confirment l’explication donnée (traces, logs, validations, pièces).
Quelles questions poser sur les exceptions de procédure ?
Identifier les cas où la procédure est contournable, à quelle fréquence, et qui valide l’exception.
Pourquoi la traçabilité est-elle clé en détection de fraude ?
Parce qu’il faut pouvoir suivre l’opération de bout en bout (initiation → paiement → comptabilisation → contrôle), ce qui limite la dissimulation.
“À qui profite l’opération” : pourquoi c’est important ?
Parce qu’une fraude vise un bénéfice (financier, temps, budget), parfois via une relation avec un tiers (ex : commissions).
À qui s’adresse cette démarche ?
Aux contrôleurs internes (2e niveau) et à l’audit interne, pour structurer prévention, détection et traitement.





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